L’album du mois: This Unruly Mess I’ve Made par Macklemore & Ryan Lewis

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Macklemore, This Unruly Mess I’ve Made

Le nouvel album de Macklemore & Ryan Lewis, « This Unruly Mess I’ve Made », décortiqué.

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C’est un Macklemore revigoré que nous retrouvons sur son nouvel album This Unruly Mess I’ve Made, un type plutôt lambda qui se plaît à surfer sur les critiques dont il est l’objet, un rappeur loin d’être surfait et qui en a encore sous le pied. Contrairement à certains de ses collègues dont le manque d’inspiration commence à devenir flagrant (Kanye m’entends-tu ?), Macklemore et sa doublette Ryan Lewis montre un nouvel aspect de sa personnalité sur This Unruly Mess I’ve Made: un p’tit blanc qui rappe, avec tout le bagage que cela engendre, issu du milieu indé et qui a botté les fesses du cercle fermé du hip hop en 2014, arrachant un Grammy à la barbe de Kendrick lamar, Kanye West, Drake et j’en passe. Il sait aussi que son succès est dû à la hype autour de son précédent album The Heist, l’occasion pour lui de remettre les choses à plat.

La rançon du succès

Le début de l’album avec Light Tunnels semble montrer ce besoin d’extérioriser ce succès passé: les critiques n’ont pas toujours été tendres pour celui que Thrift shop a propulsé tout en haut du sacrosaint Billboard. Du coup, il l’admet volontiers sur ce premier titre, il n’aurait jamais dû gagner ce Grammy, encore moins face au M.A.A.d. City de Kendrick Lamar: « I wanted you to win. You should have. It’s Weird and it sucks that I robbed you ».

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Le message est limpide, l’entrée en matière concrète et honnête à la fois. La vérité est que Macklemore n’est pas indifférent à son succès, mais il entretient une relation ambiguë avec lui, le succès de The Heist étant essentiellement le fruit de sa couleur de peau. Les critiques, elles, n’ont jamais admises le talent du bonhomme de Seattle préférant déblatérer sans cesse sur cette même couleur de peau. Et elle est justement là, la réflexion centrale de son album: en devenant un rappeur célèbre, Mackelmore s’est vu attaqué sur sa couleur de peau, attaques qu’il tente ici de comprendre (White Privilege II).

Macklemore persiste et signe

Côté musique, Macklemore reprend sur This Unruly Mess I’ve Made, les choses exactement là où il les avait laissées: du fun, des titres plus sérieux et toujours dans les instrus cette recherche d’équilibre entre les sons old-school (le titre Buckshot avec DJ Premier et KRS-One) avec des expérimentations plus modernes. Au final, l’album est à l’image du rappeur, jamais décevant contrairement au bashing médiatique dont il est l’objet.

Certes il est plus facile d’admirer un personnage comme Kanye West, d’être fasciné par sa vie privée, oubliant presque que le mec aussi vit du rap, mais ce serait vraiment se voiler la face que trouver quelque chose à redire au nouvel album de Macklemore et Ryan Lewis: instru inspirée, textes relevés oscillant entre bouffonnerie et contemplation du réel, This Unruly Mess I’ve Made claque et c’est tout ce qu’il faut savoir.

Crédit photo principale : Wikimedia – thecomeupshow

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