La spéculation des noms de domaine, un business persistant

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Spéculation, nom de domaine

Acheter un nom de domaine pour le revendre plus cher est une affaire qui roule encore aujourd’hui, et certains en ont fait leur métier !

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Fut un temps où spéculer sur les noms de domaine (NDD) était une façon de gagner beaucoup d’argent. Des noms de domaine comme Toys.com ou Business.com ont rapporté à leurs propriétaires opportunistes des millions de dollars (respectivement 5,1 et 7,5 millions de $). Attention, nous parlons bien ici de noms de domaines génériques et non pas de marques, dont les domaines sont protégés de facto contre le cyber-squatting. Annoncé comme « fini », ce marché autrefois très lucratif est aujourd’hui bouché, mais il est encore possible de faire quelques « coups » et même d’en vivre.

Acheter en gros des centaines, voire des milliers de noms de domaines en utilisant toutes les combinaisons de noms possibles, ou bien acquérir des NDD non renouvelés, peut rapporter de l’argent. Bien sûr, il faut appliquer cette méthode à grande échelle et être patient, mais cela peut rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an sans rien faire.

L’exemple récent de la région Hauts-de-France

Depuis le 14 mars 2016, les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, sont devenues officiellement la région « Hauts-de-France », suite à la fusion des régions dans le cadre de la réforme territoriale de 2014. Si ce nom est encore confus et n’est pas nécessairement adopté par le grand public, c’est désormais le nom officiel.

C’est en ce sens que l’Assemblée régionale a souhaité que le site Web de la région porte le même nom, mais en voulant acquérir le nom de domaine, le Conseil régional fut surpris de découvrir que le nom de domaine était déjà déposé.

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Comme le rapporte la rédaction lilloise de 20 Minutes, le Conseil régional a décidé d’acheter le nom de domaine hautsdefrance.fr au propriétaire pour la somme de 10.000 € afin d’éviter les procédures judiciaires. Cette histoire met en lumière l’insoupçonnable business des noms de domaine et l’importance de les acheter bien en amont. À ce prix, l’institution rachète aussi les adresses hautsdefrance.com et hauts-de-france.com.

Nom de domaine hautsdefrance.fr

Une mine d’or se cachait derrière l’URL

Le nom de domaine ou l’adresse du site Web est l’équivalent de l’adresse postale sur Internet. Par conséquent, si vous souhaitez créer un site Internet, il vous faut acheter un nom de domaine. Il est très simple d’en obtenir un grâce à des fournisseurs tels que 1&1 par exemple. Une fois le NDD acquis, vous pouvez construire votre site et le rendre accessible. Cependant, cela est possible si le nom de domaine est libre. Si ce n’est pas le cas, l’histoire se complique et c’est pourquoi celle de « hautsdefrance.fr » est très intéressante.

En effet, on apprend que le vendeur, Pascal Topart, détenait « hautsdefrance.fr » depuis 2008, et hautsdefrance.com depuis 2005, bien avant donc le projet de fusion des régions. Il assure qu’il n’avait pas acquis ces noms de domaine pour les « squatter ». C’est une heureuse coïncidence que ce propriétaire ait reçu une offre de 10.000 € environ.

Mais certains anticipent les achats futurs de noms de domaine et essaient de les acheter dans un but spéculatif.

Spéculation sur les noms de domaine

Si le nom de domaine que vous voulez est déjà emprunté, les seules façons de l’obtenir sont soit de l’acheter (et c’est là qu’il y a spéculation), soit d’attendre que le droit de propriété de celui-ci expire.

La barrière juridique est assez mince. La technique consistant à déposer des noms de domaines disponibles correspondant à des marques notoires, dans le but de faire de la spéculation est appelée cybersquatting ou grabbing. C’est donc illégal et il existe aujourd’hui une jurisprudence étoffée sur le sujet.

25 ans premier site web

Mais même en respectant la loi, le champ d’action est très large. Comme on l’a dit, certains achètent des noms de domaine massivement dans le seul but de les revendre. Les plus doués d’entre eux peuvent même se permettre d’en vivre, comme c’est le cas de Simon Legouge, un Français qui monté sa société d’achat et de revente de nom de domaine en Thaïlande. En 2014, ce business lui rapportait 10.000 euros par mois.

Ce dernier utilise la notoriété des noms de domaine pour booster le référencement d’autres sites qui font appel à ses services. Après avoir acheté les NDD, il crée ensuite sur ces espaces des sites ou des blogs, pour en faire augmenter l’audience, et donc la valeur. Il y intègre alors des liens vers d’autres sites qui jouissent d’une plus-value dans les moteurs de recherche.

La spéculation des noms de domaine n’est pas simplement un passe-temps, certains en font leur métier. Mais visiblement, cela vaut le coup.

Crédit photo principale : Pexels – Startup Stock Photos

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