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Dans la Grèce antique, les statues d’hommes nous montrent des corps sculptés et impressionnants. Mais pourquoi donc ont-elles de petits pénis ?

Avouez-le, Mesdames, Messieurs, au moins pendant un court moment, vous n’avez pas pu vous empêcher d’admirer les pénis délicatement sculptés sur les statues nues de la Grèce antique qui posent fièrement dans les musées. Malgré le fait de présenter un idéal de beauté, un corps fin et musclé, un visage aux traits réguliers, les statues grecques sont dotées, par analogie, d’un petit pénis. Et non, ce ne sont pas les sculpteurs qui ont négligé cette partie de leurs œuvres d’art: il y a une raison bien concrète et idéologique derrière ces pénis plutôt petits.

Statue grecque nue

Crédit photo: Wikimedia – 3dnatureguy

Dans la Grèce antique, il semblerait qu’un petit pénis était quelque chose de recherché pour illustrer le mâle dominant. C’est ce qu’explique la blogueuse en histoire de l’art Ellen Oredsson sur son site, qui se passionne pour l’art depuis plusieurs années et qui a suivi un cursus universitaire en histoire de l’art à Sydney.

Aujourd’hui, un pénis de grande taille est considéré dans la société comme un symbole de force et de virilité, mais dans l’Antiquité on attribuait à cette particularité une tout autre signification. En effet, selon Ellen, les gros pénis étaient mal perçus dans la Grèce Antique. On associait généralement cela aux hommes lubriques ou insensés, voire à des semi-hommes tels que les satyres ou Priape. Ce dernier était un dieu de la fertilité, frappé par une malédiction qui se manifestait par une perpétuelle érection. Les satyres, quant à elles, étaient des créatures accompagnant Dionysos, le dieu de la vigne, du vin et des excès.

Statue d'une satyre avec un grand sexe

Statue d’un Satyre ithyphallique au Musée archéologique d’Athènes – Crédit photo: Flickr – Grant Mitchell

“À l’époque, l’homme grec idéal était rationnel, raffiné et autoritaire. Il pouvait avoir beaucoup de rapports sexuels mais il accordait peu d’importance à la taille de son sexe. Avoir un petit pénis lui permettait de garder la tête froide en toute circonstance, et donc de conserver son sens logique”, écrit Ellen dans son article. La virilité chez les grecs à l’ère antique ne se mesurait pas à la taille de leur pénis mais donc à ses qualités morales et intellectuelles.

Même chose à la Renaissance

David Michel-Ange, Florence

David – Crédit photo: Flickr – Danny Monaghan

La Renaissance marque un retour de la sculpture à des formes et thèmes de l’Antiquité, en particulier grecque. Beaucoup de peintres et de sculpteurs de la Renaissance imitèrent le style de l’art Antique. Et la taille des pénis ne fut pas changée, notamment à cause du fait que la plupart des peintures et des sculptures de l’école évoquaient des scènes et des personnages à caractère religieux. L’attention ne devait pas être portée sur les parties génitales du personnage.

Une statue d’homme nu célébrait la masculinité de ce dernier, et la taille du pénis n’avait donc pas d’importance. Un pénis de trop grande taille lui aurait donné un aspect trop barbare.

Une évolution des sociétés humaines

Il est intéressant de noter, à travers cette trouvaille, que la taille du pénis dans l’art, jusque là un détail dans une multitude d’œuvres historiques, illustre la façon dont évoluent les sociétés. Il ne s’agit pas d’une question de taille, mais bien de culture !

Crédit photo principale : Wikimedia – sailko

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