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Viadeo a été placé en redressement judiciaire, retour sur l’échec cuisant du LinkedIn français !

Pionnier du réseautage entre professionnels, le français Viadeo a été placé il y a peu en redressement judiciaire, ce qui signe à demi-mot sa mort programmée. Bref retour sur le crash de ce géant au pied d’argile à la politique d’expansion bancale, qui s’est engouffré dans un marché peu intéressé par les services qu’il offrait, mais s’est entêté à promouvoir l’expérience professionnelle Made in France. Comme quoi l’une des tables de la loi des startups du numérique a été respectée, le “winner takes all” signe la fin de Viadeo.

Viadeo, une ascension fulgurante

Viadeo est cette entreprise, ce réseau social créé de toute pièce par Dan Serfaty et Thierry Lunati en 2004. D’abord baptisé Viaduc (Viadeo sera son nom définitif jusqu’à lors), le réseau social français avant-gardiste (puisque proposant des services à la Facebook avant la réelle éclosion du réseau de Zuckerberg) avait pour ambition de mettre en relation les professionnels de tous les secteurs. Au départ bien reçu par les utilisateurs, Viaduc acheva l’année 2006 en couleur, raflant par la même quelques 5 millions d’euros suite à une levée de fonds.

Face à la réponse positive des utilisateurs toujours plus nombreux, en 2007 Viaduc obtint une seconde levée de fonds de 5 millions d’euros, signant également l’accession au million d’utilisateurs uniques. Elle en profita également pour changer de nom, et devenir Viadeo. Nom plus moderne et changement d’interface et même de politique, qui signa par la même le début de l’internationalisation de Viadeo, qui était désormais disponible en 6 langues et plus de 10 pays. Cette pente ascendante de ses performances se poursuivit jusqu’en 2014, année qui signait une troisième levée de fonds de 24 millions d’euros et surtout le lancement des activités du réseau social concurrent de LinkedIn dans plusieurs marchés émergents, dont celui de la Chine.

Le début du déclin, la fin de Viadeo

Alors que le réseau social se réjouissait encore de la troisième levée de fonds et l’agrandissement de ses équipes comptant désormais 300 employés, Viadeo ne réussi à lever “que” 150 millions d’euros suite à son entrée en bourse, alors qu’au même moment LinkedIn était racheté par Microsoft pour 26 milliards de dollars. Cette somme était de 50 millions d’euros inférieure aux attentes des investisseurs, qui ont anticipé le déclin de la firme en proie à des difficultés à récolter de nouveaux utilisateurs et générer plus de cash dans ses nouveaux marchés, dont le plus important en termes d’investissements, la Chine.

En effet, c’est en 2008 que Dan Serfaty, PDG et co-fondateur de Viadeo (limogé début 2016) a décidé de recentrer la politique d’expansion de son réseau social vers le marché chinois, qu’il pensait alors prometteur. Arrivé fin 2015 sans jamais vraiment percer en Chine, c’est le retrait du marché de l’Empire du Milieu qui signa l’arrêt de mort de Viadeo, qui au passage perdit 23 millions d’euros de son chiffre d’affaires. Face à des difficultés à poursuivre son activité, Viadeo suite à la suspension de son titre en bourse, ne valait plus que 10 millions d’euros, sur les 185 millions qu’il avait réussi à lever depuis 2004, ce qui contraignit le tribunal de commerce de Paris à le placer en redressement judiciaire. La décision a été annoncée le 29 novembre dernier et Viadeo a trois mois pour trouver un repreneur, faute de quoi il sera placé en liquidation.

Qui pour reprendre Viadeo ? Leboncoin et Le Figaro sont intéressés

Le réseau social pour les professionnels intéresse surtout des acteurs de l’emploi sur Internet, du fait de sa dimension recrutement. Ainsi, selon Les Echos, Leboncoin et Figaro Classifieds sont candidats à un rachat. Ces deux acteurs auraient déjà formulé des offres assez différentes “dans leur contenu et dans l’étendue des actifs qu’ils reprendraient.”

Aucuns détails n’ont filtré, et en ce qui concerne le prix, il n’excéderait pas quelques millions d’euros. Les candidats intéressés par les actifs de Viadeo seront donc entendus par le Tribunal de commerce de Paris le 19 décembre.

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