Quand la censure religieuse couvre les corps des pop stars au Moyen-Orient

Couvrez-vous ! Madonna, Lady Gaga et d’autres stars de la pop ont vu leurs pochettes d’albums censurées au public dans les pays du Moyen-Orient. Ces derniers, où la religion occupe une place prépondérante n’acceptent toujours pas de telles images “sexualisées”.

L’Arabie saoudite et ses pays voisins du Moyen-Orient sont connus pour censurer les pochettes d’albums “sexy” d’artistes féminins afin de rendre l’œuvre plus appropriée à un public conservateur. Les maisons de disques qui espèrent vendre leurs albums d’artistes sont de plus en plus sensibles aux croyances et traditions culturelles de chaque marché où ils sont présents, et la pochette d’album sera souvent “sur mesure” afin d’éviter toute offense. Une version de l’originale, comprenant des images sensuelles, est donc réalisée pour être vendue dans la majeure partie du monde et une version plus distincte, et plus édulcorée, où la peau est couverte, est proposée pour les pays du Moyen-Orient.

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient


Le Daily Mail, qui a compilé une série d’albums “avant et après” censure, rapporte qu’il existe des “membres de la police religieuse”, également connus sous le nom de Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice (CPVPV), qui sont payés par le gouvernement pour modifier les couvertures d’albums par leurs soins. Cet organisme gouvernemental, que l’on appelle aussi Muttawa, s’assure que les citoyens adhèrent strictement aux enseignements de l’Islam, en particulier ceux relatifs à la tenue, la socialisation, la moralité et la prière. Cette organisation comprend 10 000 “policiers” et compte quelques 500 centres en Arabie saoudite.

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Les couvertures d’albums modifiées se trouvent sur des sites de téléchargement de musique comme iTunes ainsi que dans les magasins ordinaires. Le quotidien anglais a également indiqué que dans le passé, des policiers ont déballé les boîtiers de CD, enlevé l’encarts au recto et au verso de l’album et soigneusement et laborieusement recouvert d’un marqueur noir la chair féminine exposée sur les photos jugées “inadmissibles”.

Face à ces pratiques extrêmes, il est effectivement beaucoup plus facile pour les maisons de disques de produire simplement des versions distinctes d’artistes féminines célèbres. Lady Gaga, Madonna, Katy Perry, Kylie Minogue, Mariah Carey… elles y ont toutes eu droit.

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pop stars, pochettes d'albums censurées au Moyen-Orient

Pourquoi une censure aussi stricte ?

Le HuffingtonPost, rapporte les propos de Lina Esco, de la campagne anti-censure Free The Nipple, qui explique que “chaque culture et chaque religion a une vision différente de la pornographie. [Elle se] demande si cette peur généralisée du corps des femmes disparaîtra un jour.”

Le site d’information a également recueilli les propos de la blogueuse Susie d’Arabie, qui a déménagé des Etats-Unis pour Jeddah en Arabie saoudite en 2007, et qui explique que “bien que la censure des corps féminins arrive très souvent, elle peut avoir quelques loupés.” Selon elle, tout n’est pas trafiqué. Elle confie que dans les centres commerciaux, des “reproductions de visages de femmes sont parfois pixelisés, flous ou tout simplement recouverts. Alors que d’autres fois, ils sont laissés intacts.”

A noter que la censure dans les pays de religion musulmane n’atteint pas que les maisons de disques. En 2012, le catalogue saoudien d’Ikea avait été obligé d’y gommer toutes les femmes afin de pouvoir le diffuser dans le pays.