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La composition des larmes diffère-t-elle selon si ce sont des larmes de joie ou de tristesse ?

La photographe Rose-Lynn Fisher a publié une série de photos remarquables capturant les larmes au microscope avec des détails extrêmes.

Ses photographies offrent bien plus qu’un aperçu plus précis de ce qu’est une larme : la photographe réussit à montrer que la composition des larmes diffère selon diverses circonstances comme le chagrin, la joie, le rire ou lorsque nos yeux subissent une irritation.

Rire aux larmes
Larme au microscope, révélation

Pour son projet « Topography of Tears », Rose-Lynn Fisher a collecté ses larmes pendant cinq ans avant de les laisser sécher et de photographier les résidus au microscope, comme elle l’indique au magazine Smithsonian :

J’ai commencé ce projet il y a environ cinq ans, pendant une période de larmes abondantes, faite de nombreux changements et pertes, j’avais donc une abondante matière brute. […] J’ai pensé que dans nos vies, nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg. J’ai alors eu une pensée soudaine, je me suis demandé à quoi pouvaient bien ressembler les larmes de plus près.

Larme de changement
Larme au microscope, révélation

Lorsqu’elle a capturé l’une de ses propres larmes sur une lame, après l’avoir faite sécher puis observée sur un microscope classique, elle affirme que « c’était très intéressant. Je l’ai regardée comme on regarde un paysage du haut d’un avion. Finalement, j’ai commencé à me demander à quoi pouvait bien ressembler d’autres larmes de joies ? Comment peut-on les comparer, disons, à une larme d’oignon ? »

Cette rêverie sans limite a abouti aux photographies que Rose-Lynn Fisher a collecté, examinant plus d’une centaine de larmes ayant coulé de ses propres yeux ainsi que celle de volontaires, dont son nouveau-né.

Larme de chagrin
Larme au microscope, révélation
Larme d’oignons
Larme au microscope, révélation
Larme gardant l’œil humide
Larme au microscope, révélation
Larme pour une réunion éternelle
Larme au microscope, révélation
Larme du début de la fin
Larme au microscope, révélation
Larme d’un nouveau souffle
Larme au microscope, révélation
Larme de soulagement
Larme au microscope, révélation
Larme d’espoir
Larme au microscope, révélation
Larme d’exaltation
Larme au microscope, révélation
Larme du souvenir
Larme au microscope, révélation

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Trois types de larmes

Scientifiquement, les larmes sont divisées en trois types différents, en fonction de leur origine. Les larmes de joie et de chagrin sont toutes deux des larmes émotionnelles, provoquées par des émotions extrêmes, positives ou négatives. Les larmes basales sont continuellement produites en petite quantité (entre 0,75 et 1,1g sur 24 heures) pour maintenir la cornée lubrifiée. Les larmes réflexes sont sécrétées en réponse à un stimulus irritant, comme la poussière, les vapeurs d’oignon ou les gaz lacrymogènes.

L’ensemble des larmes contiennent une grande variété de substances biologiques (notamment des huiles, des antibiotiques et des enzymes) suspendues dans de l’eau salée. Mais les larmes des photos ci-dessus contiennent également des substances bien distinctes. Les larmes émotionnelles contiennent par exemple des hormones, dont un neurotransmetteur appelé enképhaline, un analgésique rejeté naturellement par le corps lorsque celui-ci est soumis au stress.

Par ailleurs, étant donné que les structures que l’on voit sous le microscope sont largement cristallisées par le sel, les formes obtenues sont totalement différentes. Deux larmes émotionnelles avec une composition chimique identique présenteront par exemple des formations cristallisées variées. En effet, ils existent d’autres variables, très nombreuses, telles que la viscosité, le taux d’évaporation, les paramètres du microscope, devant aussi être pris en considération.

Source : Smithsonian Mag. Crédit photo principale : Pdpics.com