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Cinq films pour découvrir l’univers de Guy Ritchie

Guy Ritchie, celui que certains continuent de désigner comme “tu sais, c’était le mari de Madonna”, est surtout un réalisateur de talent, un des rares réalisateurs indépendants à avoir gravit les marches depuis le cinéma underground jusqu’aux tapis rouges du monde entier. Guy Ritchie est notamment un innovateur de l’image avec cette dynamique impressionnante qu’il donne à ses films, une technique qui combine à merveille avec des personnages haut en couleur. Désormais le trublion anglais est bien installé à Hollywood délivrant de temps en temps un blockbuster bien senti, il a entre autre gagné la reconnaissance mondiale avec sa doublette sur le plus célèbre des détectives britanniques, toujours avec ce style si particulier, une marque de fabrique que nous vous proposons de découvrir au travers de cinq de ses films:

Snatch, 2000

C’est le film qui a élevé Guy Ritchie au rang des réalisateurs célèbres, de ceux qui ont apporté leur pierre à l’édifice cinématographique. Cela peut sembler exagéré, certains diront qu’il ne s’agit quand même pas d’un Godart ou d’un Bergman, mais la vérité est là : Snatch est un film culte, qui traverse les époques et les générations avec le même succès. Snatch flirte souvent avec une ambiance tarantinesque, tandis que la galerie de portraits présentés est tout simplement mythique: “Tête de Brique”, “Boris pare-balle” et “Francky quatre-doigts” pour ne citer qu’eux. En plus après avoir vu ce film, vous ne verrez plus jamais les cochons de la même manière.

À La Dérive, 2002

L’inclusion d’À La Dérive dans la présentation de Guy Ritchie intervient juste pour rappeler que Madonna n’a pas forcément eu l’impact que le public lui confère aveuglément. Forcé de faire tourner sa chère et tendre, Guy Ritchie nous délivre là un navet bien moisi, une de ces bouses mielleuses où Madonna s’enlise inexorablement: scénario totalement vide et écervelé, “acteurs” du même tonneau, un film qui tourne souvent à la parodie tellement le résultat est mauvais. Bref si vous aimez Guy Ritchie, passez votre tour sur ce film qui n’a d’intérêt que pour les fans de Madonna.

Arnaques, Crimes et Botanique, 1998

Arnaques, Crimes et Botanique est d’une certaine manière le brouillon au chef d’œuvre qu’allait être Snatch, un film qui sent bon l’amateurisme, avec ses imperfections et par conséquent son charme si particulier. On peut même résumer ce film comme étant une sorte de cartoon gigantesque sur fond d’ambiance gangsters déjantés, avec ses dialogues légendaires et sa tonalité si… anglaise ! Les acteurs sont tous excellents, délivrant de précieuses performances, crues et réalistes. Avec ce premier long-métrage, Guy Ritchie dévoile surtout l’étendue de son talent, et montre un potentiel intéressant.

Sherlock Holmes, 2009

Guy Ritchie a décidé de faire ses premiers pas dans le cinéma commercial avec un sujet qu’il connait sur le bout des doigts en tant que sujet de Sa Majesté, l’inénarrable Sherlock Holmes. Par contre, il ne cherche pas à coller à la légende écrite par Conan Doyle, mais plutôt à superposer son jeu de caméra dynamique et futuriste à cette vieille histoire. Le résultat est assez épatant, très divertissant, rehaussé par la paire Robert Downey Jr. / Jude Law, dont la relation possède sa propre dynamique permettant au scénario de souffler. Comme tous les blockbusters, c’est un film qui mise avant tout sur le divertissement; coup de chance ! Guy Ritchie a même fait une suite, parfait pour les après-midi pluvieuses d’avril.

RocknRolla, 2008

L’univers criminel londonien tient une place centrale dans l’œuvre de Guy Ritchie, une ambiance générale souvent électrique et gueularde qu’il peint avec une certaine fascination. Ce RocknRolla est sa dernière excursion à ce jour dans ce monde (si l’on ne compte pas Agents très spéciaux : Code UNCLE), moins imbus de lui-même comme pouvait l’être Revolver, le film sait se moquer de lui-même et de ce style que les critiques attendent au tournant à chaque nouvelle sortie. Le casting est vraiment bon, apportant un plus indéniable au film, avec Idris Elba, Tom Hardy, Gerald Butler, Tom Wilkinson, Toby Kebbell et Mark Strong.