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Un genre, une année : le Rock en 1969

La musique rock n’est pas née en 1969, mais en ces temps reculés où la simple évocation d’une guitare électrique faisait dresser les poils des plus conservateurs, le rock est plus que jamais un genre qui monte, bien aidé par l’explosion créatrice des années 1960. Ainsi 1967 et 1968 ont été des années charnières, de celles qui mirent en lumière des classiques du genre, je pense notamment aux Doors, Jefferson Airplane ou encore à Johnny Cash. 1969 est en quelque sorte le climax de cette époque et aussi la fin d’une ère, voici en 5 albums l’illustration du pourquoi du comment.

Et en 1969, Dieu créa Led Zeppelin

https://www.youtube.com/watch?v=gAVB25yjY5I
1969 sera l’année Zeppelin, incontestablement, le groupe s’offrant le luxe de sortir deux albums cette année-là, une révolution des sonorités, le rock est alors plus agressif, ce n’est pas pour rien que Led Zep’ est considéré comme le père du mouvement métal. Les albums I et II restent des références pour le genre, la musique s’électrifie, s’intensifie, une sorte de blues bien nerveux qui emmènera le groupe au sommet du monde musical. Alors que I peut laisser paraître une certaine forme de naïveté, une plongée dans l’inconnu, II représente un aboutissement pour le groupe, rôdé à la perfection. C’est un point de départ majeur au sacro-saint riff de guitare, celui-là même qui dirige le monde du rock.

The Who, The Beatles, Santana, King Crimson, what else ?

Quatre groupes, quatre manières bien particulières d’aborder le rock. Carlos Santana est encore un jeune freluquet quand sort son premier album éponyme, une fusion personnelle de sa propre culture latine avec les premiers codes du monde pop/rock, un arc en ciel de sonorités qui débouche sur des compositions toujours cultes. Le titre Soul Sacrifice est à mon sens le plus représentatif de l’esprit Santana, qui profitera la même année d’un événement appelé Woodstock pour servir ses riffs au plus grand nombre.

Un autre type de rock, plus conceptuel fait son apparition, un rock « cérébral » emmené de main de maître par The Who et l’énormissime Tommy, double album concept paru en mai 1969. Avec cet album, The Who redéfinissent un genre trop attaché à des structures classiques en lâchant un opéra rock du plus bel effet, l’histoire d’un homme sourd, muet et aveugle survolant le monde grâce à ses réflexions alors teintées de l’idéalisme hippie.
https://www.youtube.com/watch?v=fpDw3s7XJKo

Est-il possible, même en 2015, de parler de rock sans parler des Beatles ? Certainement mais cela ôterait la filiation entre le groupe et le genre qu’il a contribué à sublimer. En 1969 sort le fameux Abbey Road, la pochette d’album la plus célèbre de l’histoire du disque. L’album est sans équivalent, mais ce que le monde ne savait pas, c’est qu’Abbey Road serait le dernier opus du gang de Liverpool.

Moins connu, mais tout aussi important dans l’histoire du mouvement, 1969 est marqué par l’avènement d’un rock dit progressif, des compositions longues qui brisent les chaînes d’un format radio. La particularité de In The Court of the Crimson King est qu’il fut le seul album enregistré par le line-up originel et l’histoire a voulu qu’il nous faudra attendre 34 longues, longues années, aussi longues qu’une composition de rock progressif, pour écouter les enregistrements originaux de ce chef d’œuvre : perdues durant la production, les premières versions de cet album étaient donc des titres inachevés.
https://www.youtube.com/watch?v=y4eRpwRJgzk&list=PL-jWbhQt0ijcLHedk34kBHvAxaBeWAU9c

Allez plus loin : David Bowie, The Stooges, Elvis Presley, Jethro Tull, Neil Young, MC5.