« Mais qu’est-ce qu’il me raconte celui-là, tout le monde sait que l’année du rock c’est 1967 ! » Voilà en substance ce que tout bon amateur de rock doit penser à la lecture de ce titre pour le moins ambitieux. C’est vrai, que c’est en 1967 qu’eut lieu le légendaire Monterey Pop Festival. C’est vrai, que c’est également l’année du fameux Summer of Love. 1967, c’est aussi les sorties conjuguées de Sgt. Pepper’s et du Magical Mystery Tour des Beatles, tandis que The Doors et Jimi Hendrix sortaient leurs premiers albums respectifs. Alors au vu du pedigree énoncé, en quoi 1965 peut-être plus « fatale », quels arguments pourrait-elle avancer pour tenir la comparaison avec son illustre successeur ? Ceux d’une révolution, 1965 n’est peut-être pas la meilleure année, musicalement parlant, mais elle s’est inscrite dans la construction d’un genre, que Toolito vous propose de découvrir.

Mouvement des Droits Civiques et psychédélisme.

1965, est une année primordiale dans la musique rock, faisant office de moment fondateur pour un genre qui tendait à se détacher du bon vieux rock’n’roll à papa. La mutation connue par la musique rock tient à l’évolution même des sociétés dans lesquelles vivent les musiciens, des sociétés dont les événements déterminent d’une certaine manière, conditionnent le processus créateur. L’année 1965 est pour de nombreux musiciens, une année synonyme de drogues, de nouvelles substances qui envahissent les pays et marquent les consommateurs. Ainsi les membres des Beatles, des Beach Boys, des Rolling Stones et autres s’accordent sur le fait qu’ils ont découvert le LSD en 1965, de même que la marijuana.
Les nouvelles substances psychédéliques ne sont néanmoins pas, seules, à l’origine du changement. Un autre élément déterminant est la combinaison entre le Civil Rights Movement et l’engagement massif de troupes américaines au Vietnam. La rébellion était alors une question de fierté, les mentalités bougeaient doucement, si bien que des chansons se permettent d’aborder des sujets tels que la place de la femme dans la société, nous sommes alors aux prémices de la révolution sexuelle, ou la guerre elle-même.

Pas la meilleure année, quoi que…

Les années qui suivirent 1965 semblent plus représentatives de cette nouvelle vague rock, mais il est certain que ces succès naquirent des innovations faites auparavant. De nombreux genres de musique ont démarré cette année-là, comme le folk rock de Dylan, le psychedelic, la funk, et les musiciens ne s’arrêtaient pas en si bon chemin, expérimentant avec leurs instruments, sonorités indiennes, la distorsion. La révolution est sur tous les fronts, des musiques différentes deviennent numéro 1 des ventes, marquant le virage opéré par tout un pan de la société. The Byrds, qui collabore étroitement avec les Beatles dans le développement des sonorités, culminent tout haut avec son Mr Tambourine Man, tandis que The Who, dont le premier single est sorti fin 1964, commence à exploser grâce à des titres comme My Generation. The Grateful Dead et The Velvet Underground ont débuté en 1965, donnant des concerts et enregistrant des albums, de même que The Lovin’ Spoon et The Mamas & The Papas et, s’ils n’ont pas encore sorti d’album, les Doors commencent à faire parler d’eux sur Los Angeles. La révolution était déjà en marche.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here