Nouvel opus après 19 ans d’attente!

C’est exact, Failure n’a pas enregistré d’album depuis 1996, date de sortie de l’excellent Fantastic Planet, et sa séparation l’année d’après. Les années ont effacé peu à peu ce nom de nos mémoires, ce groupe de rock alternatif, fasciné par les textures et l’innovation sonore, et dont la démarche n’est pas sans rappeler d’autres groupes alternatifs tel que Tool, avec qui ils ont tourné à leurs débuts. Nous avions laissé Failure sur un album beaucoup trop sous-estimé, Fantastic Planet, un album qui transporte l’auditeur hors de son esprit, un voyage dans l’espace rock, ses nuances et ses contrastes, une sorte de bande-son rock pour 2001, l’Odyssée de l’Espace.
Le 30 juin prochain sortira le nouvel album de Failure, Toolito vous invite à le découvrir.

Une autre fantastique planète

Il est facile de retrouver ses marques avec The Heart Is A Monster, tant les premières notes donnent l’impression d’une suite évidente à Fantastic Planet : l’ambiance, le son, la tonalité, tout combine harmonieusement bien avant l’entrée en matière « Hot Traveler ». Avec ce morceau, une seconde information nous percute immédiatement, cet album bénéficie d’une production irréprochable, le son le plus travaillé jamais distillé par Failure. En termes de composition, l’approche est cette fois différente, voire complètement opposée à ce que le groupe nous avait proposé par le passé. En effet Fantastic Planet s’attachait à développer le côté ambiant du rock, tandis que The Heart Is A Monster cherche incontestablement à alourdir le son, à densifier les morceaux pour les rendre plus sombre, plus « pachydermique ». Failure réussit même l’exploit de conjuguer les deux univers sur quelques rares chansons comme « A.M. Amnesia » ou encore « Petting The Carpet ».

L’univers à perte de vue

The Heart Is A Monster est un album dans son ensemble puissant et cohérent, une belle réussite sans fausse note, un exploit plus que remarquable si on considère le temps écoulé. Les meilleurs passages de l’album sont certainement les plus lents et les plus abstraits, ce qui laisse à penser que Failure serait de taille à s’aventurer dans le post-rock et embrasser un genre qui semble déjà lui appartenir, en témoigne les différents interludes numérotés en « Segue ».

Mais le vrai temps fort de l’album, se fait attendre, à l’instar de ses géniteurs : la patience est récompensée avec le 17ème et avant dernier morceau « I Can See Houses », un moment de grâce et de beauté, tous les musiciens ont atteint l’illumination; la tonalité de la basse est hallucinante, la batterie issue d’une réflexion approndie, les guitares accompagnent et soutiennent l’ensemble, et la voix de Ken Andrew, plus lumineuse que jamais. Avec cet album Failure fait non seulement honneur à son passé et à son héritage musical, mais il prépare surtout son futur.

Crédit photo: Priscilla Chavez

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