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5ème album pour le binôme New-Yorkais Ratatat

Ratatat, c’est l’histoire d’un duo génial, deux amoureux de musiques et de sons unissant leurs forces et leurs talents respectifs en 2004, l’un est guitariste et s’appelle Mike Stroud, le second est le producteur Evan Mast. Dès le début le groupe a pour particularité de sortir des sentiers battus, se frayant un chemin parmi les influences et les tendances pour créer une musique singulière et unique, un mélange entre une production hip hop, des guitares accrocheuses et un amour inconditionnel pour le synthé. Ce mois-ci sort leur dernier album, Magnifique, un terme qui colle parfaitement à la peau de Ratatat, découverte…

La mélodie plutôt que les beats

Le nouvel opus de Ratatat est en effet surprenant sur ce point; le beat n’est plus l’élément central des compositions, et même si cela semble évident dès les premières écoutes, c’est un changement majeur modifiant radicalement la tonalité de l’album. Nos deux gaillards ont considérablement mûri durant ces cinq longues années de silence et il est temps pour eux de le montrer.

Le nouvel album Magnifique laisse donc une place de choix à la mélodie, des compositions soignées aux arrangements de hautes volées, des guitares bien groovy, des lignes de basses hypnotiques comme sur l’enchanteur Cream On Chrome qui se fondent peu à peu dans la spiral des loops de synthé. Le titre qui représente mieux, à mon sens, cette domination de la mélodie est Abrasive : les harmonies des guitares sont littéralement portées par la batterie, qui de son propre chef s’assoit au fond de la salle pour, elle aussi, admirer et sublimer le spectacle.

Et toujours un style unique

Incontestablement la patte Ratatat se fait entendre dès les premières secondes, les guitares sont audacieuses, et explorent une palette de sonorités beaucoup plus importantes. La musique peut parfois se faire lancinante voire mielleuse, mais elle conserve ce mordant suffisant pour nous faire remuer la tête tout l’été. Alors oui je suis d’accord, les influences françaises ne sont pas forcément utilisées de manière subtile, les Daft Punk et Air ayant clairement servis de bande-son à l’adolescence du duo de Ratatat, mais en aucun cas cela ôte une once de qualité à l’œuvre.

Cinq années d’absence semblent finalement avoir été une excellente idée pour le duo, qui revient avec un très bon album, épuré de leur obsession juvénile pour l’accumulation de pistes et d’instruments. Magnifique est en cela plus sobre que ses prédécesseurs, une subtilité qui pourrait bien marquer la carrière du duo de manière durable, car l’esprit libéré de ces envies d’ajouts irrationnels, le duo peut désormais se concentrer sur le plus important, la composition et la production, leur domaine de prédilection.

pochette album, ratatat magnifique