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À Berlin, une startup veut devenir le Uber de la prostitution

Jusqu’à présent, les applications de rencontre comme Tinder ont longé la frontière entre la simple rencontre et mettre le sexe à portée de main. D’autres, comme Grindr, ont été beaucoup plus loin. Mais nul n’a essayé de créer ce qui s’assimilerait à un Uber des escortes. Du moins jusqu’à maintenant.

L’année dernière, l’entrepreneuse Pia Poppenreiter, basée à Berlin, a créé Peppr, une application qui mettait en relation des clients avec des professionnelles du sexe, dans laquelle le client envoyait une demande de réservation directement à la prostituée. Au cœur d’une tempête médiatique, principalement en Allemagne, Peppr a rapidement rencontré des problèmes dans le mécanisme simple de son modèle. En effet, s’il y avait quelques heures entre l’envoi de la demande et la réponse, il était très probable que le client potentiel avait annulé sa demande.

Le processus de réservation ne facilitait pas vraiment le « à la demande ». Les escortes souhaitaient également avoir plus de contrôle sur leurs profils. Pia Poppenreiter a donc mis fin au service et a repris de zéro, en consultant largement les femmes qui travaillent dans l’industrie pour savoir ce qui pourrait effectivement marcher: « Parce que je crois encore, après tout, que ce marché a besoin d’être perturbé, » a-t-elle dit au site TechCrunch.

Elle a donc lancé Ohlala, à Berlin pour commencer. C’est pour le moment une application Web mobile, mais elle va devenir une application native dans les prochaines semaines, en supposant qu’elle soit acceptée.

Ohlala, application prostitution, Berlin

Le service va fonctionner à l’inverse d’Uber, mais son but reste le même. Une personne veut être payée, l’autre veut payer. « Quoi que ces deux personnes veulent faire (ils peuvent souhaiter un peu de compagnie au restaurant ou finir dans le même lit), c’est une affaire privée qui doit être convenue dans le chat avant la rencontre, » indique Poppenreiter. « C’est simple: nous mettons en relation des gens pour des rendez-vous payés immédiatement. Cela résout effectivement les problèmes dans ce marché, que les sites de rencontres et la plupart des sites d’escortes ne règlent pas: nous répondons aux attentes, à la demande. »

Elle indique que cela résout trois écueils: les réservations sur demande, la vie privée (il n’y a pas de profils publics), et la sécurité pour les deux parties.

Le ou la client(e) recherchant une relation éphémère effectue une recherche sur le site en remplissant des champs prédéfinis: quartier, horaire, prestation demandée et tarif souhaité. Rapidement, la requête est alors envoyée aux membres prêts à louer leurs charmes afin qu’ils décident d’accepter, ou non, la proposition. C’est à ce moment là que le client et le prestataire sont ensuite mis en relation.

La comparaison avec Uber s’arrête donc là, parce que sur la plate-forme, Uber sélectionne le conducteur qui est le plus proche et disponible. Dans ce scénario, les prostitué(e)s peuvent refuser de se rendre disponibles si ils/elles sont proches ou non.

« L’idée est de laisser le choix aux femmes de monnayer leurs charmes tout en éliminant les intermédiaires potentiels, les obligations d’agenda et tous les autres risques et contraintes avec lesquels une Escort doit composer », explique Pia Poppenreiter, toujours au site TechCrunch.

En outre, Ohlala a l’intention de vérifier chaque profil en donnant un bref coup de téléphone à l’inscription des escortes, afin d’assurer qu’ils aient les « bonnes personnes » sur l’application. Les clients ne seront pas vérifiés, mais Ohlala va gérer les inscriptions pour équilibrer l’offre et la demande. L’application se rémunère en prenant une commission sur la vente de service entre particuliers, comme Uber finalement.

Crédit photo principale : Flickr – Charles LeBlanc