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Lemar, le retour de la voix soul venue d’Angleterre avec “The Letter”

Mine de rien, il en a fait du chemin Lemar depuis sa participation à un programme de télé-réalité anglais. Déjà treize années de carrière et six albums au compteur pour celui qui aura su ravir un public cosmopolite, des nostalgiques de la dance music aux amoureux éperdus de soul. Son nouvel album, The Letter, sorti le 9 octobre dernier, est un pari pour l’artiste britannique puisque son contenu est composé en grande majorité de reprises: des reprises de soul bien entendu, et d’autres éléments plus modernes qui donnent une vraie singularité au disque. Seuls trois morceaux portent le label composition originale, des titres qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée des classiques de la soul choisi par Lemar. Avec The Letter, Lemar nous démontre que sa voix est hors du commun, capable de rivaliser avec les plus grands noms de la musique, et que cette voix est juste parfaite pour ce genre de titres.

Sur les traces de Frank Sinatra et Marvin Gaye

The Letter, c’est avant tout un projet intime, une initiative personnelle rendue possible uniquement grâce aux succès planétaires des titres Dance (With U), If There’s Any Justice et 50/50. Lemar a toujours voulu rendre hommage à ses inspirateurs, or rendre hommage c’est beaucoup plus que du simple copier/coller, cela demande beaucoup de libertés, une liberté artistique mais aussi financière. Et pour que cet hommage soit le plus beau possible Lemar s’est dans un premier temps adjoint les services d’un producteur mythique, Larry Klein, magicien du son, ambianceur d’albums notamment pour Norah Jones et Tracy Chapman. Cette collaboration permet à l’album de donner de l’envergure aux titres chantés par Lemar, par le côté live dans un premier temps, et aussi par le grain vintage qui marque le son: les morceaux Soul magnifiquement interprétés par Lemar se retrouvent alors enrobés d’une chaleur réconfortante.

Autre point important, le lieu, puisque le chanteur britannique a vraiment souhaité donner de la vie et de l’esprit à son disque en enregistrant au célèbre East West Studios à Los Angeles: c’est là que Sinatra enregistra son mémorable My Way et que Marvin Gaye donna naissance à Let’s Get it On. Rien que ça.

Lemar, le goût

Depuis le dernier album, Lemar a tout de même trouvé le temps d’écrire ses propres chansons, des titres qui, étrangement sonnent mieux que les reprises. Certes la plupart des morceaux est superbement reprise, la version de The Letter étant même, selon moi, supérieure à l’originale et aux multiples reprises déjà existantes, mais d’autres titres comme la reprise de Soft Cell manque cruellement de pêche. Le coup de maître intervient sur les titres Bring It On Home to Me et Crazy Love où la voix de Lemar s’approprie les textes et les mélodies, avec comme résultat la sensation pour l’auditeur qu’il s’agit de compositions originales. Globalement l’album est excellent, le pari du mix reprises/compositions originales fonctionnent très bien, Lemar semble bien parti pour continuer sa marche en avant.