Le nouvel album d’Adele, 25, est sorti vendredi: l’avis et la critique de notre chroniqueur.

Le nouvel album d’Adele est sorti vendredi 20 novembre partout dans le monde, une sortie attendue comme le messie. En effet, cela fait maintenant trois ans que la chanteuse a disparu des écrans radar, le temps pour elle d’assimiler l’incroyable succès du précédent opus, 21. Imaginez plutôt: vendre plus de trente millions à seulement 22 ans, et vous aurez alors un minuscule aperçu de la vie d’Adele depuis 2011. La belle de Tottenham a tout cassé, jusqu’à devenir le plus gros vendeur d’album de ce début de siècle, une pression qu’on imagine aisément comme insurmontable. Adele a failli tout arrêter, avant d’annoncer son retour via le single “Hello”. Les fans bouillent d’impatience tandis que l’industrie musicale ne cesse de brûler des cierges pour que la chanteuse réitère l’exploit. Alors qu’en est-il de son nouvel album 25 ?

Adele, la princesse de la pop devenue reine

Dès les premières minutes de l’album, la réponse à cette question paraît évidente: 25 est un excellent album, suffisant pour ravir ses fans, et il confirme surtout que la chanteuse est là pour durer. Surtout, ce qui frappe immédiatement est le changement d’ambiance: la mélancolie cède sa place à l’espoir, les traumas passés sont maintenant exorcisés et la jeune femme se concentre désormais sur le présent, ou plutôt sur comment apprécier le présent et les gens qui en font partie.

La maternité a changé la chanteuse, la joie procurée par la naissance de son enfant est particulièrement touchante sur un titre comme “Remedy”, tandis que les craintes et les doutes accompagnant les nouvelles responsabilités d’une jeune mère se font aussi sentir. Ce nouvel album est surtout celui de la résurrection pour la chanteuse, les drames passés sont évacués, elle met d’ailleurs elle-même un terme à cette mélancolie post-dépression avec le single “Hello”, un sympathique message pour son ex, une manière toute particulière de lui dire: “Regardes-moi, je suis heureuse sans toi”.

La voix comme instrument principal

C’est peut-être le seul hic de l’album, la musique passe finalement au second plan. Adele utilise sa voix mieux que jamais comme en témoigne le titre “All I Ask”, écrit en collaboration avec Bruno Mars ou encore sur la superbe ballade acoustique “Million Years Ago”. Par contre, musicalement parlant, elle n’a pris pour ainsi dire aucun risque, les titres s’enchaînent et laissent parfois un sentiment de déjà entendus: entourée des compositeurs les plus talentueux du XXIème siècle, Adele semble avoir opté pour la facilité, les chansons n’offrent pas vraiment d’évolution par rapport à 21, comme si Adele voulait éviter la chute, chute pour laquelle elle n’est pas préparée.

Mais ne vous méprenez pas, l’album 25 est magistral, et rayonnera très certainement de longues semaines en haut des charts internationaux. Adele nous offre du Adele, et au final c’est tout ce qui nous importe. Ce lundi 23 novembre, on annonce déjà près de deux millions de ventes pour 25 en deux jours aux États-Unis !