PARTAGER

Coralie Fargeat, célèbre réalisatrice, s’est essayée à un film de « viol et vengeance », mais elle est tombée dans le piège du caricatural. Revenge est un film d’horreur qui ravive le débat de la place du genre féminin dans un contexte social animé par le harcèlement sexuel.

Présentation du film Revenge

Féministe engagée, la réalisatrice affiche clairement cette position à travers un récit dont le cynisme et la brutalité sont en parfait accord avec les récents scandales survenus dans le monde du cinéma. Le mouvement des hashtags #BalenceTonPorc, #MeToo, #Time’sUp ne cesse de prendre de l’ampleur.

Bande annonce Revenge :

Le film décrit l’histoire d’une jeune femme pour le moins naïve qui tombe dans les filets de trois hommes riches d’âge mûr. Ils vont abuser d’elle sans aucun scrupule comme un objet sexuel pour assouvir leurs fantasmes. Le tout, sur un fond de partie de chasse où celle considérée comme la proie devient le chasseur pour se venger. Comme Coralie Fargeat ne rompt pas avec le style simpliste qu’impose le genre, elle va jusqu’à accentuer les traits abusant ainsi de la dramaturgie en limitant le décor à une villa et à un désert.

Réalisation trop simpliste du film

Le film est un sous-genre, « viol et vengeance ». Le style trop simpliste de la réalisation et la caricature des personnages confèrent à cette œuvre un goût amer la rendant moins digeste. Cette orientation revendiquée par la réalisatrice vise à s’approprier le cliché des femmes abusées pour mieux l’inverser.

Choix gagnant ? Répondre à cette question s’avère plus difficile qu’il n’y paraît, car bien que disposant de belles scènes percutantes, le récit en lui-même reste d’une simplicité regrettable. En effet, il ne suffit pas de retourner contre un personnage un genre stéréotypé pour le dépasser. Par exemple, mettre en scène un acteur qui cesse d’être la proie pour devenir le chasseur justifie-t-il l’animosité et la brutalité dont ce dernier fait preuve par la suite ?

Source :

Le Monde