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Depuis des mois et des mois, les compteurs Linky suscitent des oppositions en marge de leur déploiement sur le territoire français. Début février, le rapport annuel de la Cour des comptes a épinglé ce système qui ne profiterait qu’à Enedis. À l’Assemblée nationale, une proposition de loi souhaitait explicitement donner aux particuliers le droit de refuser l’installation d’un nouveau compteur. Dans quel but ? Pour venir redonner de la cohérence après diverses décisions judiciaires contradictoires. Tâchons de faire le point et d’y voir un peu plus clair…

Ce qui est reproché aux compteurs Linky

Ces dernières années, les pétitions contre le compteur de dernière génération Linky se succèdent sur différentes plates-formes dédiées. On lui reproche bien des défauts. Il ne nous appartient pas de juger du bien-fondé ou non de ces griefs, mais il est intéresser de les citer, ne serait-ce que pour mettre en lumière les craintes d’une partie de la population.

Le compteur intelligent Linky permet aux fournisseurs d’électricité de connaître en direct la consommation des clients. L’objectif est de réduire les coûts d’éventuels déplacements physiques de salariés pour relever manuellement les compteurs sur place. Mais beaucoup de Français voient d’un mauvais œil cette intrusion. Des sites d’extrême droite vont même jusqu’à suspecter le gouvernement de vouloir repérer ainsi les logements inoccupés pour y placer des migrants… Il faut savoir que le compteur Gazpar, équivalent de Linky pour le gaz, est également pointé du doigt :

Certains ont aussi peur que les données de consommation puissent être piratées. Cela permettrait à des cambrioleurs de repérer les habitations vides, sans même avoir besoin de complicités au sein des compagnies d’électricité. D’aucuns allèguent en outre que le compteur Linky associé à de la domotique pourrait permettre de contrôler à distance les appareils électroniques d’un foyer. On lui reproche de prendre feu plus facilement, ou de mesurer différemment les consommations électriques de façon à grossir les factures… Il aurait également besoin d’un abonnement plus cher pour fonctionner, à cause de sa gourmandise. Il émettrait aussi des rayonnements nocifs pour les êtres vivants. Enfin, les installations seraient sous-traitées et pas toujours menées dans de bonnes conditions. En bref, chacun y va de son petit grain de sel !

Peut-on refuser Linky ?

Devant la levée de boucliers suscitée par le déploiement des compteurs Linky, on a de quoi s’interroger sur la question. Il se dit désormais qu’une maison équipée de cette technologie serait beaucoup plus difficile à revendre… Les sceptiques font preuve de solidarité pour s’opposer en force à Enedis. De nombreux articles de blog ou vidéos ont été publiés sur le sujet :

Il semblerait que l’opposition préalable soit pour l’instant possible, par l’envoi de lettres recommandées argumentées. Ce sont parfois des mairies qui ont signifié un refus pour des communes entières. En revanche, si le compteur Linky est installé, il est beaucoup plus difficile de revenir en arrière… Il en est de même pour Gazpar. Il y a cependant déjà des précédents, comme à Villeneuve-sur-Lot où Enedis a fini par réinstaller d’anciens compteurs face au tollé populaire.

Des députés de La France insoumise ont proposé de légiférer de façon à légitimer définitivement les refus. Ils évoquent un « droit au consentement ». La Cour des comptes vient d’abonder implicitement dans ce sens. Mais l’amendement en question a été rejeté.

Que penser de toute cette affaire ? Chacun se fera son idée. Quoi qu’il en soit, mieux vaut ne pas se passer de réflexion lorsque des données personnelles sont en jeu ! C’est une question à suivre de près dans les prochains mois…

Source :

Capital