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L’actualité géopolitique internationale nous donne l’occasion de revenir sur une méthode diplomatique et militaire employée depuis 1991 par l’Occident. Ce sont les États-Unis qui l’ont inaugurée, d’où un nom anglophone : la « Cruise Missile Diplomacy ». En bref, il s’agit d’une diplomatie des missiles de croisière. Elle correspond à un perfectionnement permanent des outils et armements militaires. La technologie peut donc être hautement destructrice ! On compte en près de 30 années 15 interventions de ce type. Alors étudions-les et comparons-les…

La fin du XXe siècle

La mise en pratique de cette « Cruise Missile Diplomacy » bien connue des géopolitologues et analystes coïncide avec la chute du bloc soviétique. Ainsi, les premières frappes de ce type ont concerné le Moyen-Orient et une cible bien connue, abhorrée des administrations américaines : l’Irak. C’est en 1991 que l’opération Desert Storm a inauguré cette méthode d’intimidation diplomatique et de guerre ne disant par forcément son nom, à l’aide de 290 missiles. C’est encore le 3e plus gros bombardement de ce type de l’histoire.

Voici, en théorie, ce que peut donner ce genre de pratique :

La technique a été abondamment reprise dès 1993 pour les opérations Desert Watch (45 missiles) et Bushwhacker (25), toutes deux dirigées contre l’Irak. Ensuite, c’est l’Europe qui devient le théâtre d’interventions de ce type. En 1995, l’opération Deliberate Force en Bosnie-Herzégovine correspond à l’utilisation de 15 missiles. L’année suivante, c’est-à-dire en 1996, l’Irak est de nouveau visé, par 30 missiles cette fois, au cours de Desert Strike.

1998 restera une année riche en missiles avec l’opération Desert Fox contre l’Irak (415 missiles), la 2e plus grosse utilisation de la Cruise Missile Diplomacy dans l’histoire, mais aussi l’intervention Infinite Reach contre le Soudan (15) et l’Afghanistan (65). Le XXe siècle se termine, en 1999, avec 220 missiles tirés en Yougoslavie à l’occasion d’Allied Force.

Quid de la période plus récente ?

La Cruise Missile Diplomacy a donc une petite trentaine d’années d’existence. Or, entre 1991 et 1999, ce sont 9 interventions sur 15 qui ont eu lieu. L’entrée dans le troisième millénaire marque un certain retour de la Russie sur la scène géopolitique. Aussi, il faut attendre 2001 pour retrouver 50 missiles tirés contre l’Afghanistan au cours du module Enduring Freedom.

Dès 2003, l’Irak reçoit de nouveaux des missiles avec l’opération Iraqi Freedom, dont on appréciera le nom. Avec 800 tirs, c’est le plus gros bombardement de ce type de tous les temps. George W. Bush n’a pas fait dans le détail. En comparaison, après une longue accalmie, les 160 missiles d’Odyssey Dawn contre la Libye en 2011 ne seraient presque rien. Pour nous rapprocher de l’époque contemporaine, voici une petite vidéo sur la diplomatie du missile américaine sous Trump :

Le théâtre syrien entre en jeu dès 2014, avec 50 missiles. En 2017, on récidive contre la Syrie avec 59 missiles. Enfin, en 2018, ce sont les 105 missiles tirés il y a quelques jours par une coalition tripartite, avec un piètre résultat. On remarquera que, depuis l’an 2000, seul le Moyen-Orient a été la cible de la Cruise Missile Diplomacy. De même, cette dernière n’est toujours que le fait de puissances occidentales. Cela explique que la Fédération de Russie n’ait eu de cesse de perfectionner ses moyens de guerre électronique et ses défenses anti-aérienne. Mais jusqu’où tout cela ira-t-il ?

Source :

MPI