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Sur les réseaux sociaux, des millions de posts ou statuts sont publiés chaque jour, dans le monde entier, par les utilisateurs. Si certains propos annonçant des actes terroristes n’ont pu être repérés que trop tardivement, les modérateurs et les algorithmes veillent cependant au grain en supprimant les commentaires jugés déplacés. C’est notamment le cas de Facebook, parfois accusé de faire le jeu de la répression de la liberté d’expression. Mais il sera désormais possible de faire appel…

Vers une procédure inédite

Les hommes sont en règle générale très jaloux de leurs droits acquis ou reconnus, quel que soit le domaine considéré. Du coup, ils ont bien du mal à accepter sur Facebook des procédés qui seraient jugés comme étant arbitraires ou dictatoriaux en dehors du monde virtuel, c’est-à-dire dans la vraie vie, la réalité. Parmi les pratiques expéditives prêtées à de nombreux réseaux sociaux, il y a notamment la suppression pure et simple de publications. La plupart du temps, celles-ci sont jugées violentes, obscènes, pornographiques, sexistes, racistes, incitant à la haine, injurieuses, etc., mais la marge d’erreur ou la liberté d’appréciation est importante. À cet égard, BFMTV évoquait le cas d’un Français étant allé jusqu’à porter plainte :

Ainsi, face à la levée de boucliers d’utilisateurs de plus en plus nombreux, la direction de Facebook a annoncé vouloir réviser sa procédure de modération et de suppression. Le bénéfice du doute sera mis en avant grâce à la possibilité de « faire appel », un peu comme ce que tout citoyen peut réaliser après un premier jugement rendu par des tribunaux. C’est somme toute logique…

Une annonce bienvenue

Beaucoup d’internautes auront déjà pu être surpris par la suppression catégorique d’une vidéo, d’une photographie ou d’un commentaire, sans pouvoir la comprendre. C’est que l’erreur est humaine ! Mais persévérer est diabolique… Facebook s’en est enfin rendu compte et prend acte des besoins de ses utilisateurs. Pour la hiérarchie, c’est aussi un moyen de redorer son blason juste après le scandale Cambridge Analytica, qui n’a pas fini de faire parler de lui. D’ailleurs, voici une petite vidéo RFI revenant sur cette affaire :

Mais la procédure d’appel promise ne permettra pas la restitution des posts effacés tant que la requête n’aura pas été instruite et conclue. On peut donc dire que la présomption de culpabilité remplace celle d’innocence… Les modérateurs de Facebook pourront cependant faire une autre comparaison, avec la garde à vue ou la détention préventive. En effet, les publications supprimées ne le sont jamais au hasard, mais toujours en raison de la présence d’éléments douteux ou présumés tels : tel mot, tel commentaire associé, tel signalement, etc. Le tout devrait être mis en place courant 2018. Cela complétera la possibilité déjà réelle de faire appel face à une suppression de compte (page ou profil).