Un orage violent produit plus d’électricité qu’une bruine avec ces panneaux

Ce modèle de 2023 exploite la force des gouttes et annonce 200 W/m², la moitié du solaire récent.

Karen Garcia Par Karen Garcia
3 min de lecture
Un orage violent produit plus d’électricité qu’une bruine avec ces panneaux
Une centrale de panneaux solaires sous un ciel bleu, avec une colline rocheuse et une éolienne à l’arrière-plan.

En bref

  • Des chercheurs chinois proposent des panneaux qui convertissent l’impact des gouttes en électricité.
  • Rendement annoncé par Tsinghua : 200 W/m², contre 400 W/m² pour le solaire de dernière génération.
  • Les orages violents conviennent mieux que la bruine, y compris en montagne française.
  • Aucune commercialisation n’est prévue pour l’instant.

Peut-on faire du courant avec l’averse ? Une équipe de chercheurs chinois l’affirme : dès 2023, elle a avancé la conception de panneaux qui continuent de fournir de l’électricité quand le ciel se couvre. Ils répondent à une faiblesse du solaire que souligne Presse-citron : la production dépend de la météo, et sous la pluie, les grands champs de panneaux ne produisent pas.

Des gouttes qui font vibrer la surface

Le solaire occupe une place croissante dans l’électricité mondiale : en 2018, sa part s’élevait à 2,1 % du total, et elle n’a pas cessé de grimper ensuite. Cette montée reste pourtant soumise à un paramètre que personne ne contrôle : le temps qu’il fait.

Les panneaux pluvio-voltaïques contournent l’obstacle en tirant parti de la force des gouttes. À l’impact, celles-ci provoquent des microvibrations à la surface du panneau. Ces secousses suffisent à enclencher un engrenage qui, en bout de chaîne, produit du courant.

200 watts contre 400 : ce que vaut le rendement annoncé

L’idée peut sembler fantaisiste, tant l’énergie d’une goutte paraît dérisoire. Les chercheurs de l’université de Tsinghua, à l’origine de ces panneaux, annoncent pourtant un rendement de 200 W par mètre carré.

200 W/m²rendement annoncé par Tsinghua pour les panneaux sous la pluie
400 W/m²production des panneaux solaires de dernière génération

Le dispositif atteint donc la moitié de ce que délivrent les modules solaires les plus récents. Le résultat varie selon la pluie, puisque les panneaux exploitent la force des gouttes : plus elles frappent fort, plus le rendement devient intéressant.

Type de pluie Intérêt pour ces panneaux
Bruine diffuse tout au long de la journée Très mauvais rendement
Orage très violent de quelques dizaines de minutes Bien plus intéressant

Ce n’est donc pas le volume d’eau qui compte, mais l’intensité de l’impact : selon les scientifiques cités par Presse-citron, il n’est pas nécessaire qu’il pleuve beaucoup pour que le système fonctionne.

Un éclair zèbre un ciel d’orage au-dessus de collines herbeuses, avec un muret de pierres et des herbes hautes au premier plan.
Un éclair frappe sous un ciel sombre au-dessus d’une vallée de montagne herbeuse, avec un muret de pierres au premier plan. Photo : Alex Huahuisa Florez / Pexels

Où ces panneaux pourraient servir

Cette technologie pourrait permettre à des régions touchées par de fortes pluies de produire de l’électricité en quantité. Trois zones sont évoquées :

  • l’Asie du Sud-Est, avec ses saisons des pluies ;
  • l’Amérique du Sud ;
  • des régions françaises, en montagne notamment, propices à de violents orages plusieurs fois par an.

Pour la France, il s’agit d’une possibilité et non d’un fait établi : l’intérêt de ces panneaux y dépendrait de la violence des épisodes pluvieux.

Une commercialisation qui n’est pas prévue

Elle ouvrirait néanmoins la voie à des panneaux « bi-mode », conçus pour fonctionner sous la pluie comme sous un grand soleil. Ces modules hybrides n’existent pas encore : ils restent une perspective.

Une autre étude scientifique suggère par ailleurs que l’écart de température entre le jour et la nuit pourrait fournir un peu d’énergie, ce qui dessine une seconde piste pour tirer de l’électricité de conditions peu favorables au solaire classique.

Ces pistes visent un même objectif : réduire la dépendance du renouvelable à la météo, puisqu’un champ de panneaux classiques reste inerte tant que dure la pluie. L’hypothèse d’un fonctionnement 365 jours par an, avancée pour les modules hybrides, relève pour l’instant de la projection et non d’une démonstration.

Photo : Quang Nguyen Vinh / Pexels

Karen Garcia

Produits, usages et culture numérique

Karen Garcia

Karen Garcia a travaillé comme cheffe de produit chez un distributeur d'accessoires mobiles avant de se consacrer à l'écriture. Elle couvre pour TechGuru la mobilité, le matériel, les objets connectés et les réseaux sociaux : smartphones, montres, casques, accessoires et usages. Elle garde ses anciens téléphones dans une boîte, étiquetés par année.