81 % du travail américain exposé à l’IA ou aux robots, mais pas au même degré
Une étude d’Anthropic sur 19 000 tâches montre que la technique n’est plus le frein : c’est la facture.
En bref
- Les robots actuels savent réaliser 74 % des tâches physiques américaines, soit 34 % des heures travaillées.
- Face au coût d’un salarié, seuls 0,3 % du travail sont rentables à automatiser.
- Le prix des robots baisse d’environ 3 % par an depuis les années 1990.
- 81 % du travail américain est exposé aux grands modèles de langage ou aux robots.
Sur le plan technique, les robots peuvent déjà prendre en charge 33 % environ du temps de travail aux États-Unis, soit un tiers, mais leur coût n’est inférieur à celui d’un employé que pour une part minuscule de l’activité. D’après 01net, l’investissement ne se justifie que pour trois activités parmi mille. Ce qui bloque n’est donc plus la prouesse technologique, c’est le coût salarial à battre.
Une étude sur le travail physique, l’angle mort du débat sur l’IA
Anthropic a mis en ligne le 30 septembre une étude portant sur le travail physique. Son périmètre : quelque 19 000 tâches issues de 900 professions, tirées de la base O*NET du département du Travail américain, qui détaille chaque métier jusque dans ses gestes.
Pour chacune des tâches, les chercheurs ont chargé Claude, le modèle d’Anthropic, d’identifier un appareil disponible sur le marché qui pourrait la réaliser, avant de préciser les conditions d’installation que cette machine réclame.
Plonge, soudure, emballage : où le robot coûte trop cher
Les résultats diffèrent beaucoup selon les métiers. Les machines d’aujourd’hui peuvent assurer l’intégralité de la plonge, pourvu que la cuisine soit aménagée pour elles. L’emballage, en revanche, constitue une exception où le robot devient rentable.

| Tâche | Coût du robot par rapport à l’humain |
|---|---|
| Plonge | Un coût supérieur à trois fois la rémunération du salarié qu’il remplacerait |
| Soudure | Un coût d’à peu près cinq fois celui d’un soudeur |
| Emballage | Près de 45 400 dollars annuels pour l’appareil, face à un salaire médian de 49 000 dollars |
Pourquoi l’écart persiste
Parmi les 34 points d’heures de travail que les machines peuvent couvrir, 23 requièrent un environnement conçu à leur intention, à l’image de la chaîne d’assemblage. C’est le site industriel qui se plie à l’appareil, et non le contraire.
L’échéance dépend de la vitesse à laquelle les prix reculent. Le scénario central retient que ce recul se poursuit comme au cours des trente dernières années, sans percée technique ni fabrication à grande échelle pour le précipiter.
- Les robots voient leur tarif diminuer d’environ 3 % chaque année.
- À ce rythme, 10 % du travail physique américain deviendrait moins cher à automatiser qu’à salarier.
- Le scénario de référence repousse la moitié du travail physique.
Une exposition plus large que la rentabilité
Le chiffre d’ensemble est plus important : 81 % du travail aux États-Unis est concerné par les grands modèles de langage ou par les robots, et les 34 % que les machines peuvent atteindre en font partie. Le terme « exposé » désigne ici une tâche faisable dans au moins un cadre propice, souvent à un prix qui écarte la machine. Au sein de cet ensemble, les modèles de langage comptent plus que les bras mécaniques.
- Parmi les dix professions les plus exposées, neuf touchent à la conduite, les chauffeurs de taxi arrivant en premier.
- Les infirmiers et les techniciens de maintenance comptent au nombre des plus à l’abri : même dans un environnement façonné pour les machines, celles-ci ne réalisent qu’une petite fraction de leurs gestes.
Face aux grands modèles de langage, c’étaient les plombiers qui occupaient ce rôle de profession préservée.
Photo : Freek Wolsink / Pexels



