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« Votre vieux téléphone vaut plus qu’un lingot ! » : des scientifiques dévoilent la méthode secrète pour extraire de l’or de nos appareils usagés

La production de déchets électroniques a atteint des sommets alarmants en 2022, avec environ 62 millions de tonnes générées.

Yann Kervella Par Yann Kervella
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« Votre vieux téléphone vaut plus qu’un lingot ! » : des scientifiques dévoilent la méthode secrète pour extraire de l’or de nos appareils usagés
Illustration de l'extraction d'or à partir de déchets électroniques, générée par intelligence artificielle.

En bref

  • En 2022, la production de déchets électroniques a atteint 62 millions de tonnes, avec une augmentation prévue à 82 millions de tonnes d’ici 2030.
  • Une nouvelle technique innovante permet d’extraire de l’or des déchets électroniques en utilisant un procédé plus respectueux de l’environnement.
  • L’utilisation de produits chimiques toxiques comme le cyanure et le mercure pourrait être réduite grâce à cette méthode, offrant des alternatives plus sûres pour l’extraction de l’or.
  • Cette approche favorise une économie circulaire en permettant le recyclage et la réutilisation des matériaux et des produits chimiques impliqués.

La production de déchets électroniques a atteint des sommets alarmants en 2022, avec environ 62 millions de tonnes générées. Cette quantité vertigineuse dépasse les 1,5 million de camions poubelles remplis de ces déchets. Ce chiffre, en augmentation de 82 % par rapport à 2010, pourrait atteindre 82 millions de tonnes d’ici 2030. Parmi ces déchets figurent de nombreux appareils comme les téléphones et ordinateurs portables, riches en matériaux précieux tels que l’or. Cependant, moins d’un quart de ces déchets est correctement collecté et recyclé. Une nouvelle technique pour extraire l’or de ces appareils, développée par une équipe de chercheurs, pourrait révolutionner le recyclage des déchets électroniques et offrir une solution plus sûre et durable pour l’extraction de l’or.

La demande mondiale croissante

L’or occupe une place centrale dans la société depuis des siècles, utilisé comme monnaie et dans l’art. Aujourd’hui, il est essentiel pour de nombreuses industries modernes, notamment l’électronique, la chimie et l’aérospatiale. Cependant, la demande mondiale pour ce métal précieux ne cesse de croître, ce qui pose des problèmes environnementaux considérables. Les méthodes traditionnelles d’extraction de l’or, comme l’utilisation de cyanure et de mercure, sont extrêmement toxiques et nuisent à l’environnement. Le cyanure, bien que dégradable, peut causer des dommages importants à la faune et à l’écosystème environnant. Quant au mercure, largement utilisé dans les mines artisanales, il représente la plus grande source de pollution par mercure sur la planète, mettant en danger la santé des mineurs et polluant l’environnement.

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Une alternative plus sûre

Pour répondre à ces enjeux, une équipe interdisciplinaire de scientifiques et d’ingénieurs a mis au point une nouvelle technique d’extraction de l’or à partir de l’or brut et des déchets électroniques. Cette méthode se veut une alternative plus sécuritaire aux procédés utilisant le mercure et le cyanure, réduisant ainsi les impacts sanitaires et environnementaux de l’extraction de l’or. Leur technologie innovante repose sur l’utilisation de l’acide trichloroisocyanurique, un produit chimique courant dans le traitement de l’eau. Activé avec de l’eau salée, il permet de solubiliser l’or. Un polymère riche en soufre, capable de lier sélectivement l’or, a également été développé. Ce polymère, fabriqué à partir de soufre élémentaire, offre une nouvelle utilisation pour ce sous-produit pétrolier souvent sous-exploité. Grâce à cette approche, l’or peut être extrait même en présence d’autres métaux, et les méthodes de récupération et de recyclage des produits chimiques utilisés ont également été perfectionnées.

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Un avenir complexe à envisager

Malgré ces avancées prometteuses, de nombreux défis subsistent dans la mise en œuvre à grande échelle de ces nouvelles techniques. L’objectif est de collaborer avec des industries et des ONG pour tester cette méthode dans des opérations minières à petite échelle. Des efforts considérables sont nécessaires pour garantir que les coûts, le rendement et le taux de production soient compétitifs par rapport aux méthodes traditionnelles. L’ambition ultime est de soutenir les mineurs artisanaux, souvent situés dans des régions reculées et dépendant fortement du mercure pour extraire l’or. En offrant des alternatives économiques et sûres, cette technologie pourrait transformer le secteur de la « mine urbaine » et du recyclage des déchets électroniques, tout en réduisant l’impact environnemental de l’extraction primaire de l’or.

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Perspectives d’avenir

L’essor de cette technologie pourrait non seulement révolutionner le recyclage des déchets électroniques, mais également protéger l’environnement des méfaits de l’extraction minière traditionnelle. En réduisant la nécessité de l’exploitation minière primaire, elle contribuerait à une gestion plus durable des ressources naturelles. Cependant, la route est longue et complexe avant que ces nouvelles techniques ne remplacent entièrement les méthodes actuelles. Quels défis supplémentaires devront être surmontés pour que cette innovation se généralise et transforme véritablement l’industrie minière et du recyclage ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Yann Kervella

Produits, usages et culture numérique

Yann Kervella

Yann Kervella a été administrateur systèmes dans une collectivité bretonne pendant une dizaine d'années. Il écrit pour TechGuru sur l'informatique, les logiciels, la programmation, la cybersécurité et le web, en indiquant les versions testées. Il fait tourner chez lui un petit serveur qui héberge les photos de famille.