Cybersécurité

« Expédier des moteurs chinois comme “unités de refroidissement”, c’est jouer avec le feu » : la Russie déroute l’Occident et inquiète toute l’Europe

Les moteurs chinois sont expédiés en Russie sous le label trompeur d’« unités de refroidissement ».

Yann Kervella Par Yann Kervella
3 min de lecture
« Expédier des moteurs chinois comme “unités de refroidissement”, c’est jouer avec le feu » : la Russie déroute l’Occident et inquiète toute l’Europe
Illustration de l'explosion d'un drone russe dans le ciel de Kyiv lors d'une frappe.
EN BREF
  • Les moteurs chinois sont expédiés en Russie sous le label trompeur d’« unités de refroidissement ».
  • Des entreprises écrans permettent de contourner les sanctions occidentales visant à couper l’approvisionnement en technologie.
  • La situation crée des tensions diplomatiques entre l’Union européenne et la Chine.
  • Les drones russes, utilisant ces moteurs, sont déployés pour des attaques en profondeur en Ukraine.

Les récentes révélations sur l’utilisation de moteurs chinois dans les drones russes utilisés en Ukraine mettent en lumière les complexités des chaînes d’approvisionnement mondiales, même en période de sanctions. Des documents et des témoignages de responsables européens révèlent comment ces moteurs, sous couvert de fausses déclarations douanières, parviennent à contourner les restrictions imposées par l’Occident. Cette situation soulève des questions cruciales sur l’efficacité des sanctions et sur la manière dont certaines entreprises parviennent à se soustraire aux contrôles internationaux.

Les détails des transactions

Les moteurs chinois sont expédiés en Russie sous l’appellation trompeuse d’« unités de refroidissement ». Cette stratégie permet à la Russie de continuer à produire le drone d’attaque Garpiya-A1 malgré les sanctions sévères imposées par les États-Unis et l’Union européenne. Selon les documents consultés, le fabricant russe IEMZ Kupol a signé un contrat pour produire plus de 6 000 drones cette année. Un contraste frappant avec les 2 000 unités fabriquées en 2024.

Les drones sont principalement déployés pour des attaques en profondeur sur le territoire ukrainien. Environ 500 drones sont utilisés chaque mois, selon l’agence de renseignement militaire ukrainienne. Cette capacité de production accrue est rendue possible grâce à des entreprises écrans qui facilitent l’importation des moteurs, malgré les efforts internationaux pour perturber ces chaînes d’approvisionnement.

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Les acteurs impliqués

La société chinoise Xiamen Limbach Aviation Engine Co. est identifiée comme fournisseur des moteurs L550E. Après que ces informations ont été rendues publiques, la firme a été sanctionnée par l’UE et les États-Unis. Cependant, une nouvelle entité, Beijing Xichao International Technology and Trade, a pris le relais pour approvisionner Kupol, indiquent des factures et des documents internes.

Les moteurs sont acheminés via une compagnie écran russe, SMP-138, puis transférés à une autre société, LIBSS. Ces échanges montrent les complexités et les échappatoires utilisées pour contourner les sanctions. Les compagnies aériennes chinoises, Sichuan Airlines et China Southern Airlines, ont été impliquées dans le transport de ces composants.

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Les implications diplomatiques

Ces transactions secrètes ont des répercussions diplomatiques. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, doit rencontrer les dirigeants chinois pour discuter des tensions croissantes dues à cette situation. L’Union européenne a exprimé ses préoccupations concernant l’utilisation de la technologie chinoise dans le conflit ukrainien.

La Chine, de son côté, affirme suivre les règles internationales et nie fournir des armes aux parties du conflit. Toutefois, ce commerce soulève des questions sur l’engagement réel de la Chine à respecter les sanctions internationales, surtout lorsque les intérêts économiques sont en jeu.

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L’impact sur le terrain

L’utilisation de ces drones a un impact significatif sur la guerre en Ukraine. Les drones Garpiya, basés sur un modèle iranien, incorporent des composants chinois critiques comme le moteur et les systèmes de navigation. Ces drones sont capables de frapper des cibles civiles et militaires avec une grande précision.

La production accrue de ces drones pose des défis considérables à l’Ukraine et à ses alliés. Cela souligne l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle pour éviter que des technologies sensibles ne tombent entre de mauvaises mains. La capacité de la Russie à continuer d’accroître sa puissance militaire malgré les sanctions interpelle sur l’efficacité des mesures actuelles.

Les révélations sur l’approvisionnement en moteurs chinois pour les drones russes incitent à une réflexion profonde sur la manière d’améliorer les contrôles douaniers et les sanctions. Comment les grandes puissances peuvent-elles mieux coordonner leurs efforts pour empêcher que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Yann Kervella

Produits, usages et culture numérique

Yann Kervella

Yann Kervella a été administrateur systèmes dans une collectivité bretonne pendant une dizaine d'années. Il écrit pour TechGuru sur l'informatique, les logiciels, la programmation, la cybersécurité et le web, en indiquant les versions testées. Il fait tourner chez lui un petit serveur qui héberge les photos de famille.