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« Plusieurs versions du F-47 seraient prévues » : une stratégie militaire qui intrigue déjà les experts de la défense

Le F-47 de Boeing marque le début de la nouvelle génération de chasseurs furtifs.

Alexis Vernier Par Alexis Vernier
4 min de lecture
« Plusieurs versions du F-47 seraient prévues » : une stratégie militaire qui intrigue déjà les experts de la défense
Illustration de la conception du chasseur furtif F-47 développé par Boeing dans le cadre du programme NGAD.
EN BREF
  • Le F-47 de Boeing marque le début de la nouvelle génération de chasseurs furtifs.
  • Le programme NGAD mise sur une approche modulaire pour développer plusieurs itérations.
  • Les alliés américains pourraient être intéressés par un F-47 atténué, malgré des coûts élevés.
  • Le rôle du F-47 inclut le contrôle de drones de combat collaboratifs.

Le développement du chasseur F-47 par Boeing marque une nouvelle étape dans l’initiative de supériorité aérienne de nouvelle génération (NGAD) de l’armée de l’air américaine. Selon Andrew Hunter, ancien secrétaire adjoint de l’Air Force pour l’Acquisition, la Technologie et la Logistique, le F-47 représente l’« Increment 1 » d’un programme conçu pour évoluer par étapes. Ce chasseur furtif de sixième génération, bien que déjà sous contrat pour le développement, n’est que le début d’une série d’incréments prévus pour l’avenir. Cette approche modulaire pourrait transformer le paysage de l’aviation militaire en introduisant des modèles successifs qui s’adaptent aux besoins changeants tout en maximisant l’innovation.

Une compétition pensée pour l’innovation

Le processus de sélection du NGAD a été structuré pour encourager la créativité, selon Andrew Hunter. Contrairement à d’autres concours où la victoire est définitive, celui-ci permet de multiples phases de production. Boeing, qui a remporté la première phase avec le F-47, pourrait voir une centaine d’unités produites initialement. Toutefois, d’autres commandes pourraient suivre, ouvrant la porte à des modifications et améliorations futures. Frank Kendall, ancien secrétaire de l’Air Force, avait déjà indiqué que la composante pilotée du NGAD comprendrait environ 200 appareils. Cette flexibilité dans la conception et la production pourrait offrir à l’armée de l’air une palette d’options pour ajuster sa flotte en fonction des menaces émergentes et des avancées technologiques.

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Des implications pour les concurrents

Malgré la victoire de Boeing, tout n'est pas perdu pour Lockheed Martin et Northrop Grumman. Hunter a laissé entendre que Lockheed Martin pourrait encore jouer un rôle dans les phases futures du programme. Quant à Northrop Grumman, bien qu'il ait annoncé son retrait volontaire de la compétition, il pourrait revenir en tant que sous-traitant pour Boeing. Cette dynamique illustre la possibilité d’une coopération entre les grands acteurs de l’industrie, permettant à chacun de contribuer à différents aspects du NGAD. La capacité d’intégrer des sous-traitants pourrait également accélérer le développement et réduire les coûts, un facteur crucial dans le contexte budgétaire actuel.

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Technologies et stratégies du F-47

Le F-47 suit la philosophie du F-22 Raptor, un avion furtif conçu pour la supériorité aérienne à longue portée. Selon Kendall, le F-47 sera non seulement un avion de projection de puissance, mais aussi un contrôleur de drones de combat collaboratifs (CCA). Cette dualité de rôle souligne la complexité croissante des systèmes de défense modernes, où l'interopérabilité entre les plateformes pilotées et non pilotées devient essentielle. De futures itérations du NGAD pourraient conserver ces caractéristiques tout en intégrant de nouvelles technologies pour répondre à des missions spécifiques. La question de savoir si ces itérations seront plus simples et moins coûteuses ou plus avancées reste ouverte, mais elles devront certainement s'adapter aux besoins opérationnels de l'armée.

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Défis et opportunités pour l'exportation

L'exportation du F-47 pourrait être complexe, même dans une version dégradée. Donald Trump a évoqué la possibilité de vendre une version « atténuée » de l'avion à certains alliés, mais Frank Kendall reste sceptique quant à l'intérêt de ces partenaires à payer le coût élevé de l'appareil. Le prix unitaire du F-47 est estimé entre 160 et 180 millions d'euros, soit au moins le double de celui du F-35. Les alliés des États-Unis pourraient être plus enclins à acheter un chasseur NGAD moins cher, mais cela supposerait des compromis sur les capacités. Cette situation reflète aussi les tensions géopolitiques croissantes et les inquiétudes des alliés quant à la fiabilité des États-Unis comme fournisseur d'équipement militaire.

Alors que le F-47 commence à se dévoiler, de nombreuses questions subsistent quant à son avenir et à celui du programme NGAD. Le concept d'incréments successifs ouvre la voie à une flexibilité sans précédent dans le développement de chasseurs modernes. Mais ces ambitions seront-elles réalisables dans le cadre budgétaire et stratégique actuel ? Les États-Unis parviendront-ils à maintenir leur avance technologique tout en gérant les défis économiques et géopolitiques ? Cette approche modulaire du développement militaire pourrait-elle être la clé d'une future domination aérienne ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Alexis Vernier

Produits, usages et culture numérique

Alexis Vernier

Alexis Vernier a préparé une thèse en physique des matériaux avant de travailler dans la médiation scientifique pour un musée. Il écrit pour TechGuru sur la science, l'intelligence artificielle, la robotique, la culture numérique et le jeu vidéo. Il ne cite une étude qu'après en avoir lu la méthode.