Une romancière revendique 371 livres générés par IA en 20 mois
Cette Sud-Africaine d’une quarantaine d’années a fait de la génération de textes un commerce, jusqu’à vendre des livres sur commande dès 260 $.
En bref
- Coral Hart affirme avoir produit 371 romans en 20 mois avec des outils d’IA.
- Sa méthode associe une première IA, une seconde pour harmoniser, puis un relecteur humain.
- Elle vend des romans sur commande, de 260 à 1 335 dollars, et dit subir menaces et messages haineux.
Coral Hart, quadragénaire sud-africaine, a fait de la génération de romans par intelligence artificielle une activité commerciale. D’après 01net, elle a écrit, ou plutôt généré, 371 romans en 20 mois, et elle assume pleinement ce choix, comme elle l’explique à l’AFP.
Des chiffres revendiqués par la romancière
Coral Hart assure aussi avoir dépassé le million de livres vendus. Ces montants sont des déclarations de l’intéressée : ni le nombre de ventes ni le chiffre d’affaires ne sont corroborés par une source indépendante, et rien n’est précisé sur les ventes par titre.
Avant ce virage, elle indique avoir écrit 96 nouvelles sans IA, sans que personne n’en veuille. Elle a ensuite adopté une méthode assistée par l’intelligence artificielle, qu’elle présente comme plus rapide.
Une chaîne de production en quatre temps
Le procédé commence par un cadrage : Coral Hart fixe le fil de l’intrigue, le casting de personnages et l’architecture du livre. Elle confie ensuite ces éléments à une IA, qui rédige un texte. Selon elle, cette première version est systématiquement « mauvaise ». Une autre IA reprend alors l’ensemble pour unifier le récit, notamment sa continuité et sa cohérence d’ensemble. Enfin, un relecteur humain vérifie que les machines n’ont laissé ni erreur ni incohérence, et il peut réécrire certains passages si nécessaire.
Elle alterne par ailleurs entre plusieurs outils, chacun avec son point fort :
- ChatGPT serait « très bon sur les dialogues » ;
- Claude serait « incroyable pour la prose » ;
- Grok serait « totalement désinhibé », donc utile pour des scènes osées.
Chaque IA apporte une compétence distincte : dialogues, prose, scènes osées.
La première version est jugée mauvaise, d’où le recours à une seconde IA puis à un relecteur humain.
L’intervention systématique d’un relecteur humain repose uniquement sur la description que l’auteure donne de sa méthode.
Des romans sur commande, de 260 à 1 335 dollars
Coral Hart ne se contente pas de publier : elle génère aussi des livres pour des clients. Voici les tarifs qu’elle propose.
| Formule | Prix |
|---|---|
| Livre unique | 260 $ |
| Trilogie | 705 $ |
| Saga de 6 tomes | 1 335 $ |
Le client doit lui remettre une matière de départ sur le roman souhaité : protagonistes, scénario et trame générale, soit ce qu’on nomme une bible de l’univers. C’est à partir de ces informations que le texte est ensuite produit.
Menaces et débat sur la création
Cette pratique suscite une hostilité marquée. Selon ses déclarations à l’AFP, Coral Hart a essuyé « des dizaines de milliers » de messages haineux, ainsi que plusieurs menaces de mort. Elle résume la situation ainsi :
« Aujourd’hui, si je le dis, on va me haïr, ajouter mon nom à une liste et me menacer »
Coral Hart, romancière
Elle souligne aussi que « les lecteurs ne lisent pas les mauvais livres, ils les renvoient ». Selon 01net, la place du processus créatif mérite d’être interrogée au regard de ces méthodes, la phase de rédaction ne se limitant pas à agencer des idées.
Son cas n’est pas isolé : Thélyson Orélien a fini par admettre qu’une partie du processus d’écriture de son roman « C’était ça ou mourir » a reposé sur l’IA.
Photo : Ron Lach / Pexels



